SECONDE F Le français en distanciel
mercredi 7 octobre 2020
Pour vendredi 16 octobre-rédaction des arguments-commentaire dénouement de Bérénice de Racine
Acte V scène 7
BERENICE, se levant
Arrêtez, arrêtez.
Princes trop généreux,
En quelle extrémité me jetez-vous tous deux !
Soit que je vous regarde, ou que je l'envisage,
Partout du désespoir je rencontre l'image.
Je ne vois que des pleurs, et je n'entends parler
Que de trouble, d'horreurs, de sang prêt à couler.
(à Titus)
Mon cœur vous est connu, Seigneur, et je puis dire
Qu'on ne l'a jamais vu soupirer pour l'empire.
La grandeur des Romains, la pourpre des Césars
N'a point, vous le savez, attiré mes regards.
J'aimais, Seigneur, j'aimais : je voulais être
aimée.
Ce jour, je l'avouerai, je me suis alarmée :
J'ai cru que votre amour allait finir son cours.
Je connais mon erreur, et vous m'aimez toujours.
Votre cœur s'est troublé, j'ai vu couler vos larmes.
Bérénice, Seigneur, ne vaut point tant d'alarmes,
Ni que par votre amour l'univers malheureux,
Dans le temps que Titus attire tous ses vœux
Et que de vos vertus il goûte les prémices,
Se voie en un moment enlever ses délices.
Je crois, depuis cinq ans jusqu'à ce dernier jour,
Vous avoir assuré d'un véritable amour.
Ce n'est pas tout : je veux, en ce moment funeste,
Par un dernier effort couronner tout le reste.
Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus.
Adieu, Seigneur, régnez : je ne vous verrai plus.
(à Antiochus)
Prince, après cet
adieu, vous jugez bien vous-même
Que je ne consens pas de quitter ce que j'aime,
Pour aller loin de Rome écouter d'autres vœux.
Vivez, et faites-vous un effort généreux.
Sur Titus et sur moi réglez votre conduite.
Je l'aime, je le fuis : Titus m'aime, il me
quitte.
Portez loin de mes yeux vos soupirs et vos fers.
Adieu : servons tous trois d'exemple à l'univers
De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse
Dont il puisse garder l'histoire douloureuse.
Tout est prêt. On m'attend. Ne suivez point mes
pas.
(à Titus)
Pour la dernière fois, adieu, Seigneur.
ANTIOCHUS
Hélas
!
Votre travail: rédigez pour chaque sous partie (A,B et C) un paragraphe de dix lignes qui développe chaque argument:
Problématique possible :
Comment le sublime de Bérénice consiste-t-il à se forger par le sacrifice de soi un destin historique ?
I La domination de Bérénice sur Titus et sur Antiochus
A Bérénice agit comme une sorte de metteur en scène.
B Une femme qui assume son amour et qui le rend supérieur au pouvoir politique.
C Antiochus sévèrement
condamné à la solitude.
Pour jeudi 15- A étudier- proposition de partie de commentaire rédigée
Bérénice (1670) Acte IV scène 5 vers 1103-1129 Jean Racine
Mots clés : pathétique, tragique, désunion, éloquence, tirade, fatalité, argumentation
Problématique : en quoi cette scène de rupture amoureuse repose-t-elle sur le registre pathétique et élégiaque ?
I Les effets pathétiques d’une souffrance partagée
A. L’adieu déjà regretté de Bérénice
Annonce de l’hypothèse de sens et première sous-partie rédigées
Il s’agit tout d’abord d’analyser les effets pathétiques d’une souffrance partagée. Cette scène d’adieu des amants est d’emblée présentée comme paradoxale. En effet, la séparation est regrettée par Bérénice. Certes, la jeune femme prononce assez rapidement le mot « adieu » au vers 8 qui est repris au vers 9 avec l’expression « pour jamais » mais elle ne quitte pas Titus pour autant et reste en sa présence. Elle développe ainsi sa plainte par l’intermédiaire d’interjections : « Ah » au vers 9. Pour accentuer la déploration, on retrouve l’apostrophe de « Seigneur » reprise en anaphore aux vers 12 et 24 . Sa lamentation et sa supplication appartiennent au registre élégiaque dont l’étymologie désigne l’action de dire hélas. Bérénice sollicite directement son interlocuteur par la question directe qui cherche à provoquer en Titus une introspection. Elle formule aux vers 9 et 10 une question rhétorique sous forme de supplication: « adieu (…) songez-vous en vous-même/ Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ? ». L’adieu lui est bien-sûr insupportable. La séparation est donc ambiguë car au moment où Bérénice prononce son adieu, elle manifeste des signes de regret ce qui inévitablement provoque la pitié du spectateur et accomplit la catharsis accentuée par la souffrance du personnage.
B. L’intense souffrance de Bérénice
C. La souffrance partagée par Titus
Consigne : rédigez le B et C de la première hypothèse de sens.
Pistes de réflexion
B. L’intense souffrance de Bérénice
On peut s’appuyer sur le lexique qui porte les regrets et la douleur du personnage
« Absence éternelle », « affreux », « soins perdus »
Vers 13 : le parallélisme « Que le jour recommence, et que le jour finisse » qui met en avant la monotonie désespérante des jours sans Titus
La répétition de la conjonction « pourquoi » marque le sentiment de persécution inutile et injuste de Bérénice « pourquoi nous séparer ? » et vers 27 : « Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez ? »
La douleur et l’intensité dramatique sont soulignées par les hyperboles : « mille serments » vers 3, « jamais » vers 9 et la gradation « Dans un mois, dans un an » au vers 11 ainsi que l’adverbe d’intensité « tant de mers » vers 12. Ils marquent le caractère irrévocable de la séparation qui fait tant souffrir Bérénice.
C. La souffrance partagée par Titus
Titus pressent sa destinée
tragique en exprimant la fatalité qui pèse sur lui : il prédit sa mort de
façon implacable en employant le futur : « Je n'aurai pas, Madame, à
compter tant de jours. »
De même, le vers 21 est teinté de souffrance car Titus qualifie son règne et sa future gloire de « triste Renommée ». A l’aide de cet hypallage (c’est une qualification non pertinente : c’est bien Titus qui sera triste), il suggère sa détresse d’abandonner Bérénice.
Enfin, il évoque le caractère révolu de la relation amoureuse en employant l’imparfait à la voix passive : « vous étiez aimée » vers 22.
Pour mardi 13-Bérénice-Rappel des scènes à représenter
Mise en voix et en scène de Bérénice de Racine
Acte I scène 2 en entier Antiochus ---------------seul
Acte I scène 5 tirade Bérénice vers 297 à 326 ----------seul
Acte IV scène 4 monologue de Titus----------seul
Acte IV scène 5 vers 1103 à 1154 Titus, Bérénice----------à deux
Acte IV scène 5 vers 1155 à 1197 Titus, Bérénice--------à deux
Acte V scène 7 1443 à 1506 Antiochus, Bérénice-----------à deux
Si vous choisissez une autre scène, chaque élève doit au minimum mémoriser trente vers.
Je vous conseille néanmoins de choisir votre scène parmi celles proposées.
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Mémorisation et connaissance du texte |
/10 |
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Mise en scène et gestion de l’espace (déplacements, mouvements et gestes) |
/5 |
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Interprétation expressive, expressions du visage. Crédibilité/concentration... Transmission des émotions au public. |
/5 |
